CUBANET

15 janvier 2004



SOCIETE
Le camarade Chan Chi Wong Varadero

LA HAVANE, janvier (www.cubanet.org) - Chan Chi Wong vit à Shanghai, République Populaire de Chine, et est le directeur d'une usine d'appareils électroménagers, d'une firme étrangère. Comme ingénieur il travaille depuis de nombreuses années dans ce secteur et est monté en grade jusqu'à en arriver à sa situation actuelle, très bien rémunérée en tenant compte des salaires de son pays. Il a déjà acheté une maison moderne et son acquisition la plus récente a été celle d'une automobile d'une marque occidentale. Maintenant il a décidé de se consacrer au tourisme avec son épouse.

Il a choisi comme lieu de vacances Cuba, l' "île sœur des Caraïbes", promu par les agences de son pays pendant le dernier trimestre de l'année dernière, pour une somme élevée - entre 15.000 et 16.000 yuans, environ 2.000 dollars américains, mais cela en vaut la peine. Il est membre du Parti Communiste Chinois (évidemment) et il y a de nombreuses années il a connu sur ses terres quelques cubains, des gens sympathiques et affables, et par des films, des documentaires, des livres et revues il sait que Cuba est un beau pays, avec de belles plages et des paysages naturels.

Le voyage, malgré la distance, semble attrayant. L'avion fera escale en France ou en Allemagne, des pays qu'il ne connaît pas et qui comme endroits touristiques sont beaucoup plus chers, bien qu'ils soient plus proches. Et le séjour aux Caraïbes sera plaisant, enchanteur.

Tout cela est possible parce que le gouvernement chinois a déclaré Cuba comme étant le premier lieu touristique pour ses nationaux sur le continent américain. Pendant la saison 2002-2003 ont visité l'île environ 6.000 touristes de ce pays asiatique. Maintenant, avec un nouvel accord, on s'attend à ce que nombre augmente à 20.000 et encore plus pendant les prochaines années.

La Chine, ce géant asiatique a pu obtenir un développement impétueux avec son "économie socialiste de marché". Sa croissance du PIB pour 2003 était prévue à 8 %. Le flux de capital étranger vers eux a permis en 2002 de capter 52.000 millions de dollars. Pendant cette année-là 16 millions de chinois ont fait du tourisme à Hong Kong, Macao et Taiwan et l'Organisation Internationale de Tourisme situe cette nation parmi les principaux émetteurs de touristes pour la décennie prochaine.

A Cuba, Chan Chi Wong pourra connaître le centre historique de La Havane et on l'emmènera au Quartier Chinois de la capitale, où il pourra déguster dans ses restaurants spécialisés la nourriture typique chinoise "à la Cubaine". Là il verra les descendants d'une émigration qui a laissé sa terre en cherchant de nouveau horizons économiques et verra que les actuels ne sont pas beaucoup mieux que ceux qui habitent les provinces les plus pauvres de son pays.

Il est possible qu'il soit emmené à une entreprise cubaine qui ait une relation déterminée avec sa patrie et pourra apprécier comment le "socialisme cubain" traite ses travailleurs et que les directeurs comme lui ne peuvent ni de loin aspirer à ce qui est pour lui une réalité.

Il ne comprendra pas comment il est possible que les dirigeants d'entreprises de ce pays ne puissent pas voyager comme touristes, seulement dans des voyages officiels, et ceux-ci sont la grande minorité. Il ne comprendra pas non plus que les Cubains ne peuvent seulement voyager que si un membre de sa famille qui se trouve à l'étranger ou un ami d'une autre nationalité l'invite par l'intermédiaire d'une lettre qui coûte 140 dollars, et qu'ils doivent payer tous leurs frais, parce que le cubain ne gagne pas assez pour faire du tourisme dans son propre pays. Et quand ils arrivent à sortir, ils vont travailler à ce qu'ils peuvent pour pouvoir apporter un peu d'argent pour vivre un peu mieux quelque temps, si cela ne se convertit pas en un voyage sans retour.

Arrivé à Varadero, Chan jouira d'une plage avec un sable très fin et une mer bleue qu'il n'oubliera pas. Il sera logé dans un hôtel avec tout confort, mais sentira ce qu'est faire du tourisme en paquets de "tout compris". Chan Chi Wong n'est pas riche, il pourrait avoir beaucoup d'argent s'il était corrompu, en acceptant de l'argent sous la table, mais le gouvernement chinois, qui lui reconnaît l'existence de la corruption parmi ses dirigeants (le gouvernement cubain le nie à tout prix), le punit même avec la peine de mort. Et comme il est logique, s'il n'offre pas de pourboire, il verra comment les travailleurs de l'hôtel se détournent pour s'occuper des touristes d'autres nationalités, ce n'est pas ainsi avec les siens.

Enfin, il passera une semaine inoubliable aux Caraïbes, et il remerciera le défunt Deng Xiao Pin pour les reformes radicales qu'il a commencées il y a des années dans sa patrie. Et il se rendra compte qu'à Cuba, les changements arriveront par d'autres voies. cnet/27


Traduction: Genevieve Tejera

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