PRENSA INDEPENDIENTE
Agosto 22, 2007


Visez, tirez!

Lucas Garve, Fundación por la Libertad de Expresión.

LA HAVANE, le 21 août (www.cubanet.org) - Une fois de plus, la dissidence cubaine est condamnée à subir une fusillade nominale. À l´occasion, c´est la presse cubaine qui revient sans fatigue à la charge contre les opposants cubains grâce au verbe et aux mots de Salim Lamrani, présenté à maintes reprises comme écrivain et journaliste français dans les émissions de débat politique télévisées ou dans les pages d´opinion de la presse écrite de La Havane.

En fait, l´apparition dans le journal Juventud Rebelde d´un article rédigé par cet intellectuel français d´origine maghrébine, d´après son nom, sous le titre Les mercenaires de la Maison Blanche, le 15 août, contribue à réaffirmer un stéréotype assez usité chez nous.

Dans le texte en question, l´auteur suit la formule archi reprise par les idéologues communistes cubains de démolir nominalement leurs opposants, grâce à un procédé de nominalisation péjorative ayant le but de récréer une figure stéréotypée qui répond à un signe à connotation négative. Depuis l´année 59, on nous a fait entendre un ritournelle d´injures telles que sbire, larve ou ver, mercenaire, annexionniste, contre-révolutionnaire, déchet, apatride, etc.

Le mot " mercenaire " a une connotation absolument négative aux yeux de la plupart des gens. Il est devenu un symbole d´avarice et du manque total de critère et de scrupules. Et pour revêtir de rigueur sa quête, l´auteur arrive même à prétendre légitimer sa supposition ayant recours d´illustration quand il porte garant de son critère au Petit Larousse. Soyons, sérieux!

Étant donné que son attaque s´adresse contre les aides destinées à contribuer au soutien de l´opposition cubaine, il choisit la première des entrées que le dico Larousse l´offre. Cependant, il se trompe dans son choix. Celle qui est correcte est la deuxième d´ après la nomenclature cubaine : " soldat qui sert pour l´argent un gouvernement étranger ".

M. Lamrani dresse un court bilan des aides financières que la Maison Blanche a destiné aux membres de la dissidence cubaine, à l´extérieur et à l´intérieur de l´île. De sa part, il les considère illégitimes. D´ailleurs, il parle des chiffres qui n´arrivent jamais totalement aux mains des dissidents de l´île. M. Lamrani ignore peut-être l´aide que la France a obtenu par le moyen du Plan Marshall.

M. Lamrani est obsédé par la vague anti-américaine qui coule dans les veines de certains intellos européens. Il pourrait sembler qu´il regrette encore la victoire de l´armée américaine dans le territoire français sur les occupants nazis. Et qu´il cache dans son esprit un regain d´antisémitisme.

Il mésestime l´aide que Fidel Castro a reçu pendant la période de la Sierra Maestra et bien après. Et il oublie les aides et les soutiens offerts par le gouvernement cubain aux guérillas dans cet hémisphère pendant des longues années au coût du dénouement du peuple cubain. Mais il est sûr que M. Lamrani préfère méconnaître combien d´argent a dépensé le gouvernement de Castro pour anéantir une dissidence pacifique. Une partie des fonds provenant des aides étrangères.

Vous penserez comme moi, en ce qui concerne les accusations de M. Lamrani, si vous entendez les récits des prisonniers politiques cubains condamnés à plus de vingt ans de prison pour la seule raison de décrire dans des textes la réalité vécue par des millions de cubains.

Vous saurez que ces cubains qui se sont opposés au régime des Castro ne sont que des braves gens dont le courage est au même niveau que leur humanisme. Des êtres humains ayant une vie de famille, avec des enfants qui attendent le retour de prison de leur père, des maris qui ont laissé derrière les besoins de leur femme pour s´engager dans une bataille inégale.

Vous serez d´accord avec moi, comment les cubains préfèrent fuir du communisme, si vous connaissez le chiffre des cubains noyés dans la mer de l´étroit de la Floride dont la plupart n'est que des jeunes gens, nés sous un régime communiste.

Des immigrés désespérés qui poursuivent la liberté d´expression, la liberté d´information, de voyager, de vivre leur propre vie sans le diktat d´un bureaucrate, même s´ils ne savent ce que c´est vraiment la liberté, même s´ils n´ont jamais vécu sous un système démocratique.

Nonobstant, M. Lamrani surnomme avec le mot mercenaire aux cubains qui refusent de vivre sous l´égide communiste, sous la répression d´une pensée pluraliste. Est-ce que M. Lamrani aimerait vivre sous la surveillance policière pour penser différemment ? Combien des années a-t-il vécu en prison pour exposer ses idées dans un texte sur une page électronique dans la Net ?

Sachez, M. Lamrani, que les mercenaires que vous surnommez n´ont jamais tué personne, ils n´ont jamais fait exploser une bombe, ils n´ont pas blessé leurs concitoyens, ils n´ont jamais prétendu imposer leurs idées, par contre ils ont prôné le pluralisme, la tolérance, le dialogue et que la Patrie n´a pas de maître, sinon des serviteurs.

Quand vous voudrez jeter un regard sur la réalité cubaine, il vous faudra constater vraiment la réalité que vous décrivez, sauf que vous soyez aussi un des mercenaires semés à tout vent par les services du gouvernement cubain.

Texto en español

Apunten, ¡fuego! / Lucas Garve

Artículo relacionado:

Los mercenarios de la Casa Blanca / Salim Lamrani, Juventud Rebelde


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